La folie est orange
- Pardon, pourriez-vous m’indiquer oĂą se trouve les renseignements ?
- Sais pas, allez aux renseignements, ils vous renseigneront.
Belle introduction que voilĂ et qui nous renvoit directement Ă l’expĂ©rience que j’ai vĂ©cu avec l’assistance par tĂ©lĂ©phone Orange. HonnĂŞtement, si vous avez des tendances dĂ©pressives ou, si tout simplement, vous dĂ©testez vous rĂ©pĂ©ter. Priez de n’avoir jamais Ă tĂ©lĂ©phoner chez Orange.
Et aujourd’hui me direz-vous, comment vais-je ? HĂ© bien ça va plutĂ´t bien. Je souris presque tout le temps et si vous ne vous attardez pas sur le tremblement de mes mains et la bave qui s’Ă©coule de mes lèvres. TOUT VA BIEN. Je vois la vie en orange.
Tout Ă commencĂ© quand il me prit de vouloir changer mon forfait internet. Ben oui, quelle idĂ©e. Quand ça marche, il faut vraiment ĂŞtre un arriĂ©rĂ© notoire pour se lancer dans la belle aventure du renouvellement d’un forfait. Pour rappel, je vous signale que chaque jour, on nous rabâche ces nouvelles offres par tĂ©lĂ©vision par tĂ©lĂ©phone et j’en passe. Bref, je compose le numĂ©ro d’Orange, je commande la live box et le tĂ©lĂ©phone illimitĂ©. Le lendemain, rapide les gars, je reçois en plusieurs colis, mon tĂ©lĂ©phone, la live box et… un dĂ©codeur pour la tĂ©lĂ©vision. Ha ben ça dĂ©marre mal. J’en veux pas moi de ce machin que j’ai pas commandĂ©.
Après une attente pas payante et quelques renseignements « by phone » je me rends Ă l’agence France Telecom du coin, je prends un ticket, j’attends pour m’entendre dire que je prends un risque en laissant le matĂ©riel ici, et qu’il vaudrait peut-ĂŞtre mieux que je l’envoi par colis postal. Heu, y m’Ă©nerve lĂ . Alors je prends le risque. Je laisse ce truc inutile pour moi et je m’Ă©loigne avec joie en espĂ©rant que mon compte ne sera pas dĂ©bitĂ© du montant de la caution de ce bidule.
Je ne vous avais pas dis (?). Comme je suis aussi mauvais bricoleur que maladroit avec le matĂ©riel informatique, j’ai demandĂ© Ă Orange d’envoyer un technicien pour tout m’installer. Retenez-votre souffle. Deux jours avant l’intervention programmĂ©e, je reçois un sympathique coup de tĂ©lĂ©phone qui confirme la venue du technicien, lundi matin Ă 8h30. Farpait. Je bosse Ă 10h, et comme je prĂ©fère ĂŞtre lĂ .
Ce lundi matin lĂ , coup de tĂ©lĂ©phone laconique. Nous sommes dĂ©solĂ©s, le technicien sera en retard, il arrivera vers 9h30, 10h. Déçu, j’explique que c’Ă©tait prĂ©vu ainsi car ma femme en connaĂ®t moins que moi et patati et patata, taratata. Le mec viendra pas. A l’heure. Merde. Je pars Ă 9h50 sans trace du gars. Gars qui arrive peu après, j’Ă©tais au bout du parking et au phone portable, il m’explique qu’il n’arrivait pas Ă trouver.
10h30, l’heure fatale Ă laquelle j’apprends que je suis coincĂ© au job avec au bout du fil un installateur Orange qui me dit « Tout est branchĂ©… heu… mais ça marche pas… ».KĂ© ki dit ? Ka marche pas ??? « Oui, heu, en fait, votre prise Ă©thernet Ă©tait cassĂ©e et on peut pas brancher la live box ». Mais kĂ© ke je fais moa ? « … ben, vous achetez un adaptateur Ă©thernet-usb et vous la branchez votre live box ». Ba bien sĂ»r mon gars. Vaincu par le culot outrancier du jeune homme. Je me rĂ©signe, ne voulant pas que mon fĂ©roce agacement ne transparaisse trop aux yeux de mes collègues.
Je rentre chez moi, je me dirige vers ma machine entourĂ©e de câble… ho… un chien aurait mieux posĂ© son caca… sauf que lĂ , sous mes yeux, au sol, c’est un tĂ©lĂ©phone et une live box, je me penche, regarde la connectique arrière de ma machine. Et gag. L’embout du câble Ă©thernet de la live box est enfoncĂ© de deux bons centimètres dans ma machine. Ni di diou. Prenez ce gros mot comme le claquement d’un pistolet au dĂ©part d’une course. Cinq jours de coup de tĂ©lĂ©phone Ă Orange. Oui, je connais tous les numĂ©ros. Et.
Tous les discours. Surtout celui-lĂ , que j’ai retenu parmi tant d’autres. « Oui, je comprends votre problème monsieur… heu… est-ce que le voyant de votre live box est rouge ». KĂ© pas vrai… mais ke je vous dis qu’il y a eu dĂ©gradation de matĂ©riel et ke ma prise femelle Ă©thernet et cassĂ©e. CrĂ© vin de diou. Allez je me lâche. Je voulais vous dire aussi que votre technicien n’a pas laissĂ© de facture Ă ma femme. C’est normal ? « … heu, je ne peux pas rĂ©pondre Ă votre question… mais… est-ce que le voyant de votre live box est rouge… ».
Le mercredi de la mĂŞme semaine que le lundi du dĂ©but de l’intervention, ne m’en veuillez pas, je suis au bout, ma femme dĂ©croche, il y a un cerveau au bout (?), l’intervention d’un technicien rĂ©parateur pour la modique somme de 105 euros. Ben classe. Je veux que ça marche. Et il doit passer jeudi soir entre 19h30 et 21h30. J’avoue avoir un frisson en pensant que je vais ĂŞtre connectĂ© de nouveau.
Jeudi 17h30, « Allo… Monsieur Thomas » Non, c’est Monsieur Bertrand… « … ha … pardon, c’est Orange… je peux passer chez vous maintenant (?), j’ai un petit crĂ©neau de libre… » … Heu, je suis Ă mon travail lĂ , je sors Ă 19h15, et cela ne me semble donc pas possible… « … ha c’est dommage, mais ça ne fait rien… bon, ben je passe tout Ă l’heure ». Allo, allo, pardon mais une petite prĂ©cision… vous venez bien pour rĂ©parer mon ordinateur ? « … (un grand vide) … hein ? Heu… je viens pour installer une live box… ». Après encore un coup de tĂ©lĂ©phone, j’ai dĂ©commandĂ© ce monsieur fort sympathique et je me suis mis Ă boire. Mais.
Vous n’allez pas me croire, sur les conseils d’un ami, j’ai rĂ©parĂ© le machin. Il faut dire que le technicien Orange n’avait pas cassĂ© quoi que ce soit, il avait simplement mis la prise mâle Ă©thernet dans un trou vide de mon ordinateur. Ha, je ne lui en veux pas. Vous comprenez pourquoi j’espère… utilisĂ© un trou vide avec une belle prise mâle, c’est un comble. Souriez. Tout finit bien. Mais vous ĂŞtes prĂ©venu.